Je viens de m’assoir devant mon ordinateur et je me sentais mal à l’aise.

Depuis quelques semaines, je délaisse mon roman pour avancer d’autres projets. Et je n’ai pas perdu mon temps! Les efforts ont parfois été pénibles, mais aujourd’hui, avec tout ce retard rattrapé, j’ai l’esprit tranquille. Donc, sans trop penser au brutal mois d’octobre qui s’en vient, je me suis dit : « Ah! Pourquoi je profiterais pas de ce bel après-midi pour écrire? »

Je m’obéis. Je m’assois, j’ouvre Word… et je m’exclame : « Quosséça? »

Mes doigts tapotent le bureau. Aucune idée ne sort pendant plus d’une heure. Je me sens incapable d’interagir avec mes personnages. Un dôme invisible recouvre mon livre. Je ne suis plus dedans.

Anne Jutras parlait d’un bloquage identique dans l’un de ses billets. J’avoue que ça m’arrive aussi, d’avoir besoin de m’incruster à nouveau dans mon histoire. Et en général, l’expérience est pénible. Je dois relire des chapitre que je connaissais par coeur, m’imaginer des scènes dans mon théâtre cérébral, tourner autour de la cafetière et regarder dehors pour m’assurer que la piscine n’a pas fendu.

Ce rituel est tout-à-fait évitable. C’est pourquoi, en général, j’essaie d’écrire chaque jour (ou une fois par semaine, au minimum). Ça m’évite d’embarquer dans ce processus qui me coute cher… en temps.