Être romancier à temps plein comporte sa dose de risque.

J’en suis à mon deuxième mois. J’écris entre 800 et 1200 mots par jour, ce qui n’est pas si mal. Dans le livre Écriture, Stephen King explique qu’il en produit 2000 quotidiennement. La différence, c’est qu’il rédige tout durant l’avant-midi. Moi, je dois caresser mon clavier le matin, l’après-midi et parfois le soir.

Au bout de deux heures ininterrompues, la fatigue s’attaque à mes neurones. Je dois prendre des pauses et quand je reviens, je m’enfonce la tête dans les couvertures du lit en restant assis sur ma chaise (oui, je réfléchis maintenant comme une autruche).

Ce symptôme empire avec le temps. Après deux mois d’isolation, la crasse s’accumule dans mon cerveau. J’ai envie de voir du monde, de m’aérer l’esprit. Je veux nettoyer tout ça et recommencer avec des idées propres.

Pour remédier au problème, j’adhère au principe de la jachère. Je commence à travailler au CHUL dès demain. Deux jours par semaine. Ça va me permettre de décrocher un peu et de réduire mes angoisses budgétaires.

Je crois même que ce sera bénéfique pour l’écriture.