« Qui n’hésite pas à s’abaisser pour arriver à ses fins. »

C’est la définition no. 3 du mot pute que l’on retrouve dans le Robert. Je m’en rapproche un peu, côté professionnel, on s’entend.

Mais dans tout ça, que signifie « abaisser »?

Dans mon cas, sans définir clairement l’expression, je la relierais au marketing.

Je sais faire la distinction entre écrire des histoires et les vendre. Aucun problème là-dessus. Quand je m’assois devant mon ordinateur, je navigue dans mon univers en compagnie de personnages et d’intrigues. La porte est fermée pour le reste. Pas question de réfléchir à des stratégies de vente pendant que je rédige un dialogue. Ces idées causeraient de l’interférence.

Modifier mon œuvre pour vendre plus serait, à mes yeux, une forme de corruption. Je ne « m’abaisse » donc pas là.

Néanmoins, quand mes livres se retrouvent en librairie, je veux qu’ils trouvent preneurs. En moyenne, un roman au Québec vend 350 copies avant de se retrouver au pilon. Y’a rien là? Non! C’est catastrophique! Cela signifie que, sur un tirage de 1000, les subventions gouvernementales permettent à 650 copie d’aller au recyclage, et ce, sans générer le moindre regret chez l’éditeur!

Quoi faire pour éviter le désastre? L’écrivain doit gaspiller son temps pour faire du marketing. Il se rapproche de l’état de pute.

J’adore faire des séances de signatures. Rencontrer mes lecteurs durant les salons du livre me motive au plus haut point. Cependant, l’auteur méconnu doit faire BEAUCOUP plus. Il doit entretenir un site web, se battre avec les médias, téléphoner aux librairies, organiser des lancements, se payer des publicités AdWords…

Transférez le temps investi dans la pute pour enrichir l’écrivain. Vous obtenez quoi?

Jacques Poulin.

Je voudrais devenir Jacques Poulin.